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Biographie de rap français
 Le rap variété
Comme la quasi totalité des courants musicaux en vogue, la musique pop et la variété se sont appropriées certaines de ses caractéristiques rythmiques et thématiques.

De nombreux artistes originaires d'univers musicaux et de styles variés, interprètent donc une musique qui conserve certains aspects du rap, pour enrichir leur musique et créer quelque chose de nouveau.
A l'inverse, certains artistes de rap ont eux aussi puisé chez leurs collègues de la variété pour renouveler le style et aussi pour s'adapter à un public plus large avec des sonorités « moins aggressive » car ancrée dans une histoire musicale commune. Ceci permet de rencontrer plus aisément un succès de grande ampleur, à ce titre, Doc Gynéco est l'exemple type, il a rencontré un énorme succès avec son album Première consultation et revendiquait ce statut de chanteur de variété notamment dans sa chanson « Classez moi dans la variet' ».
Cependant, presque aucun artiste ne se revendique de cette tendance, le vocable « rap commercial » correspondant principalement à une volonté de la part des artistes indépendants et de leur public de dénoncer ce qu'ils considèrent être un dévoiement de l'esprit initial du rap pour répondre à des objectifs mercantiles. Ils stigmatisent en particulier une démarche marketing basée sur l'usage d'un vocabulaire caricatural, de thèmes « cliché » sur la banlieue, d'une musique plus abordable présentant souvent un aspect mélodique plus marqué et d'une durée optimisée pour les passages radio (se rapprochant autant que possible de 3m30s).
Cette commercialisation est utile aux « entreprises culturelles » qui récupèrent l'engouement pour le rap afin de proposer des produits de consommation variés, de la même manière qu'ils le font avec les autres courants musicaux dits « de jeunes ».
Le rap féminin
Les interprètes féminines sont largement sous-représentées dans le rap, en général perçu comme un milieu très machiste. Elles sont le plus généralement cantonnées aux confins de la variété pop ou limitées à un rôle de faire-valoir du rappeur en participant à donner un aspect mélodique à certains morceaux à travers un refrain chanté.
Les premières femmes à avoir eu du succès en rap en France sont sans doute B-Side (Odéon) au milieu des années 1980 et Melaaz, cinq ans plus tard (Non, non, non, Je marche en solitaire). Mais l'une comme l'autre sont aux limites du rap et de la chanson et ne jouissent pas d'une reconnaissance totale dans le mouvement hip-hop.
Une étape importante est certainement l'émergence de Drap français's qui pour la première fois consacre la réussite d'une artiste rap engagée qui a su s'adapter aux contraintes commerciales pour toucher un large public avec un album vendu à plus de 650.000 exemplaires.

Cette réussite incontestable n'a pas manqué de susciter critiques et incompréhension des puristes et des jaloux.
Pourtant si on souligne souvent le déficit de femmes dans le domaine, celles qui s'y sont imposées sont reconnues pour un travail sans concession : Sté Strausz, Casey, Lady Laistee, Wallen, Roll-K, Drap français's, Keny Arkana, Princess Aniès, K-Reen mais également une nouvelle génération avec Sévère propulsées par le succès de leur ainée désormais à la tête du label Motown France en charge de la découverte de nouveaux talents.
Thématiquement, elles ne se différencient généralement pas des groupes masculins cependant leur émergence permet l'apparition de nouveaux sujets tels que le viol, la place des femmes dans les banlieues ou la violence conjugale.
Le rap et la justice
Voir aussi: Censure en France#Censure contre des groupes de rap.
« La justice nique sa mère, le dernier juge que j'ai vu avait plus de vice que le dealer de ma rue' » (Assassin, 1991)
« Je suis pas sûr qu'y ait pas deux poids deux mesures, et pas, et pas de justice, surtout si tu pèses pas » (NTM, On est encore là, à propos de leur inculpation pour "outrage à personnes détentrices de l'autorité publique")
Des procès ont été intentés contre des groupes comme NTM ou Ministère A.M.E.R. dans les années 1990. Le groupe NTM a été inculpé pour « outrage à personnes détentrices de l'autorité publique » en mai 1996 et condamné en novembre à six mois de prison dont trois mois fermes et une interdiction d'exercer leur métier en France pendant six mois. Après appel, la peine a été réduite à deux mois de prison avec sursis et une forte amende.
Le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy a décidé en 2002 de lancer des poursuites contre La Rumeur, accusé d'outrage à la police parce qu'ils évoquent les "bavures" policières commises et jamais condamnées (Malik Oussekine, Makomé, Abdelkader Bouziane, etc.). Le groupe bénéficie, au nom de la liberté d'expression, d'un non-lieu fin 2004, alors que Dominique de Villepin a pris la place de Sarkozy et que le procureur semble se désolidariser de la plainte émise contre le groupe. Néanmoins, au nom du nouveau ministre, le procureur décide finalement de faire appel. Le groupe est jugé à nouveau en juin 2006, pour être finalement relaxé.
En 2005, le député UMP François Grosdidier, ainsi que 153 parlementaires, ont posé une demande de poursuite pour « incitation à la haine raciale et républicaine » à l'encontre des rappeurs Monsieur R, Fabe, Salif et des groupes 113, Ministère A.M.E.R., Bougnoul Smala, Mafia K'1 Fry, Sniper, Lunatic et Alibi Montana [1].
Nombreux, à gauche (que ce soit au Canard enchaîné ou à L'Humanité), dénoncent ces procès comme des tentatives de censure visant à étouffer la liberté d'expression et la parole venant des quartiers. Les rappeurs replacent leur attitude dans la tradition musicale française, que ce soit la chanson de Georges Brassens (l'Hécatombe), le rock alternatif des Béruriers noirs (Vive le feu), ou Renaud. La plainte du député UMP Grosdidier, en particulier, a été analysé comme plainte conjoncturelle à visée exclusivement politicienne, afin de détourner l'attention de l'opinion publique vers les rappeurs, qui deviennent opportunément les bouc émissaires des émeutes de l'automne 2005. Le "rap conscient", qui dénonce l'insécurité sociale et les bavures policières à l'origine de la haute tension présente dans certaines banlieues françaises, est ainsi attaqué, l'accusation étant retourné contre son auteur. Cependant, Hamé (La Rumeur), peut se défendre, lors de son procès, en déclarant : « Ce n’est pas l’art qui fait l’histoire. (…) Ce qui est générateur de violence, ce n’est pas mon article : la violence existe ». Il évoque aussi ces « trois ou quatre générations » que chacun a l’occasion de côtoyer dans les quartiers populaires, et qui toutes portent leur « lot d’histoires individuelles et collectives sur [leurs] rapports avec la police » : « grands-pères, pères, grands frères, petits frères », depuis les ratonnades des années 1960 (avec pour paroxysme le 17 octobre 1961), jusqu’au 27 octobre 2005, en passant par les « étés meurtriers » du début des années 1980. « Nous sommes dépositaires, héritiers involontaires de ce rapport avec la police, qui ensanglante l’imaginaire des quartiers ».
Le rap français des années 90
La fracture entre le « rap de l'argent », médiatisé par des radios spécialisées et les clips, et le rap « indépendant » s'est encore accentuée provoquant une accentuation du contraste entre les différents publics hip hop. La recherche de la médiatisation pousse les artistes à un style plus homogène afin de passer en radio, certains n'hésitant pas à se faire passer pour des bandits pour rentrer dans le stéréotype « rap » médiatisé et connu du grand public.
Par ailleurs, des groupes légèrement expérimentaux apportent un réel renouveau au mouvement avec des productions et des thèmes originaux, comme par exemple TTC, Saian Supa Crew, ou encore le klub des loosers ressortant des thèmes qui traitent du quotidien de jeunes plus favorisés que leur homologues soi-disant des ghettos, et de ce fait, exclus par une partie du mouvement quelque peu sectaire qui considère qu'il faut être pauvre et parler de misère pour faire du « vrai » rap.
La vitrine de médiatisation exclue également des groupes indépendants comme 50/50, La Caution, Kwal, Octobre Rouge, Rocé, Svinkels, Philoophaz, Shady Shy , Dabaaz, Sheryo, Kyma, Psykick Lyrikah, Grems, Le Sept, HHP, Ministère des affaires populaires, Kosron by L2OS et bien d'autres qui reflètent ensemble l'actuel richesse du mouvement Hip-Hop en France.
 
 
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